Les Legal Operations, abrégées en Legal Ops, regroupent tout ce qui permet à un service juridique de mieux fonctionner sans relèver directement de l'expertise en droit : organisation du travail, gestion des demandes, automatisation des documents, choix et déploiement des logiciels (legaltech), suivi du budget et des prestataires externes, gestion des connaissances, mesure de la performance et conduite du changement. L'idée est d'appliquer au droit les méthodes qui ont transformé la finance, les ressources humaines ou le marketing.
La discipline est apparue aux États-Unis dans les années 2010, au sein des grandes directions juridiques de la tech, avant de se structurer autour du CLOC (Corporate Legal Operations Consortium), dont le référentiel décrit une douzaine de domaines de compétence : stratégie, gestion financière, technologie, gestion des cabinets et fournisseurs, gestion des connaissances, données et analyses, gestion de projet, formation et développement, entre autres. Elle s'est ensuite diffusée en Europe et en France, où le métier de legal ops manager (ou responsable des opérations juridiques) se développe dans les groupes, les ETI et les cabinets d'avocats.
Concrètement, les Legal Ops se traduisent par des outils de gestion du cycle de vie des contrats (CLM), des portails de demandes internes, des bibliothèques de modèles et de clauses, des tableaux de bord de suivi, des procédures d'achat de prestations juridiques et, de plus en plus, par l'intégration de l'intelligence artificielle générative dans les tâches de recherche, de rédaction et de revue.